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Édition jeunesse et transition numérique : 3 questions à Térence Mosca

Consultant en développement de contenu numérique, Térence Mosca anime chaque année les conférences From Paper to Screen au Salon du livre et de la presse jeunesse à Montreuil (France).

Comment percevez-vous la transition numérique du secteur de l’édition jeunesse ?

À l’arrivée des iPads, tout le monde s’est dit « on y va », mais pour des raisons économiques, ce sont les plus gros éditeurs et les pure players qui se sont lancés dans la création d’applications. Marché très concurrentiel, peu de barrières à l’entrée, production pas forcément rentable, on a vite assisté à un recul. Aujourd’hui, les éditeurs recherchent plutôt du côté d’un format ouvert avec l’ePub 3 [format qui édite des livres numériques interactifs]. Ils essaient de monter des plateformes, de travailler avec les libraires… Finalement, de faire évoluer l’ensemble de l’écosystème traditionnel vers un écosystème numérique qui permette de vendre. Je pense que l’ePub va donc structurer le secteur. Les éditeurs sont en attente, ils ne sont pas forcément moteurs pour amener eux-mêmes des idées, par contre dès qu’il y a un projet intéressant, ils sont prêts à le soutenir. C’est le cas de l’application Wuwu (Step In Books, 2015), un projet d’édition lancé par des acteurs du jeu vidéo, qui a reçu un prix à la Foire du livre jeunesse de Bologne.

 

La clé serait peut-être une solution de co-production avec des professionnels d’autres secteurs ?

La première problématique est d’ordre technique, puisqu’il s’agit tout de même de programmer et il n’y a pas de développeurs dans l’édition. La seconde concerne la recherche et le développement. Il n’y en a pas dans l’édition. Ce sont plutôt les auteurs, les illustrateurs qui proposent des projets et je pense qu’on est dans ce mode là : il faut des projets qui arrivent d’autres secteurs. Les éditeurs ne vont pas forcément les initier mais ils sont très ouverts. Enfin, il y a la question de la formation des auteurs et des illustrateurs, qui est au cœur du projet Transbook. C’est important qu’ils puissent comprendre ces nouveaux supports et ce qu’on peut faire avec, parce que finalement la créativité vient d’eux.

 

Pensez-vous que les actions du projet Transbook soient adaptées au questionnement des professionnels ?

Je pense qu’elles le sont complètement. Nous sommes encore sur un marché naissant qui se développe. Il y a donc deux choses qui me semblent très importantes : voir ce qui se passe à l’international car le numérique est un phénomène global, et sur ce point, Transbook permet aux éditeurs et aux professionnels français d’être à la pointe de ce qui se fait dans les autres pays. Le projet est aussi utile sur un deuxième aspect : lorsque l’on parle de numérique, on ne parle pas uniquement du livre, on est très rapidement en lien avec le transmédia, l’audiovisuel, le jeu vidéo… Transbook permet aussi de mettre en relation les éditeurs français avec d’autres secteurs.